Etiquettes et fiches de paie
Larticle est signé Jean-Louis Gombeaud et vous verrez, il ne fait pas de cadeau à lINSEE et aux statisticiens
.. domaine dans lequel je travaille !!!
ETIQUETTES ET FICHES DE PAIE
Jean-Louis GOMBEAUD
De toute façon, statistiques ou pas, les salariés français sont sûrs que leur pouvoir dachat sérode. Vous ne leur enlèverez pas ça de la tête. Et, à la lecture des chiffres publiés hier par lINSEE, ils se feront, dans leur grande majorité, la remarque que la baisse de 0,3 %, que donne lInstitut de la statistique, en moyenne pour lannée 2003, sous-estime la réalité.
Cest que les gens connaissent par cur la ligne au bas de leur fiche de paie qui fait du sur-place alors que dansent les étiquettes sans que les chiffres officiels ne lindiquent, doù cette impression dêtre floués par leurs employeurs et bernés par les statisticiens. Il ne fait aucun doute que certaines parties qui constituent lindice mériteraient dêtre reconsidérées. Le poids du logement, notamment, est véritablement sous-estimé. Les 7 % quil représente dans lindice sentendent pour toute personne, quelle soit propriétaire ou pas. Mais si la majorité des ménages français (56 %) est dans ce cas, seule une minorité de salariés est totalement propriétaire : elle loue ou paie de lourdes mensualités pour le devenir à terme. Pour elle, les 7 % sont largement en-dessous de la réalité, contrairement aux retraités-propriétaires qui ne sacquittent que des charges. En revanche, dans lindice, les retraités peuvent être perdants car ils achètent moins de produits technologiques dont les prix seffondrent et plus de soins dont les prix montent. Mais globalement pour les salariés, la flambée actuelle de limmobilier qui touche pour la première fois les quatre coins de la France ravage le pouvoir dachat, ce qui napparaît pas dans lindice.
Par ailleurs, les difficultés devant lesquelles les jeunes se trouvent pour rentrer dans la vie professionnelle leur laissent plus longtemps, souvent jusquà 27 ans, leurs enfants à charge. Lindice, avec la meilleure volonté du monde, ne peut pas enregistrer tout cela, ce qui nempêche pas cette situation de porter atteinte au niveau de vie.
En 2003 donc année de récession, croissance zéro, destruction demplois et baisse du pouvoir dachat salarial (il faudrait pondérer cette dernière conclusion du poids des prélèvements). Les maigres gains enregistrés en 2001 et 2002 ont ainsi été réduits de moitié. Avec 2004, on a connu une petite reprise sans création demplois. Les statistiques disponibles non définitives montrent hélas une stagnation du pouvoir dachat salarial.
On prête au gouvernement lidée de donner un coup de fouet à la politique de participation qui, au lieu de toucher les entreprises de plus de 50 salariés, pourrait concerner toutes celles de plus de 5 salariés. Ce sera une belle impulsion. Le problème étant que les résultats du tissu des PME, masqués par les profits flamboyants du grand groupe du CAC 40, ne sont pas mirobolants.
Alors, cette disposition heureuse pourrait bien ne pas faire le poids face aux attentes. Car, à force de demander du temps aux salariés, il pourrait leur arriver de rétorquer : le temps, cest de largent.