Etiquettes et fiches de paie

Publié le par Chavi92

Je vous mets en ligne un nouvel édito trouvé sur le net, qui provient cette fois du journal Nice-Matin du 15 mars 2005 et qui parle en particulier du pouvoir d’achat.

L’article est signé Jean-Louis Gombeaud et vous verrez, il ne fait pas de cadeau à l’INSEE et aux statisticiens ….. domaine dans lequel je travaille !!!

 

 

 

ETIQUETTES ET FICHES DE PAIE

Jean-Louis GOMBEAUD

De toute façon, statistiques ou pas, les salariés français sont sûrs que leur pouvoir d’achat s’érode. Vous ne leur enlèverez pas ça de la tête. Et, à la lecture des chiffres publiés hier par l’INSEE, ils se feront, dans leur grande majorité, la remarque que la baisse de 0,3 %, que donne l’Institut de la statistique, en moyenne pour l’année 2003, sous-estime la réalité.

C’est que les gens connaissent par cœur la ligne au bas de leur fiche de paie qui fait du sur-place alors que dansent les étiquettes sans que les chiffres officiels ne l’indiquent, d’où cette impression d’être floués par leurs employeurs et bernés par les statisticiens. Il ne fait aucun doute que certaines parties qui constituent l’indice mériteraient d’être reconsidérées. Le poids du logement, notamment, est véritablement sous-estimé. Les 7 % qu’il représente dans l’indice s’entendent pour toute personne, qu’elle soit propriétaire ou pas. Mais si la majorité des ménages français (56 %) est dans ce cas, seule une minorité de salariés est totalement propriétaire : elle loue ou paie de lourdes mensualités pour le devenir à terme. Pour elle, les 7 % sont largement en-dessous de la réalité, contrairement aux retraités-propriétaires qui ne s’acquittent que des charges. En revanche, dans l’indice, les retraités peuvent être perdants car ils achètent moins de produits technologiques dont les prix s’effondrent et plus de soins dont les prix montent. Mais globalement pour les salariés, la flambée actuelle de l’immobilier qui touche pour la première fois les quatre coins de la France ravage le pouvoir d’achat, ce qui n’apparaît pas dans l’indice.

Par ailleurs, les difficultés devant lesquelles les jeunes se trouvent pour rentrer dans la vie professionnelle leur laissent plus longtemps, souvent jusqu’à 27 ans, leurs enfants à charge. L’indice, avec la meilleure volonté du monde, ne peut pas enregistrer tout cela, ce qui n’empêche pas cette situation de porter atteinte au niveau de vie.

En 2003 donc année de récession, croissance zéro, destruction d’emplois et baisse du pouvoir d’achat salarial (il faudrait pondérer cette dernière conclusion du poids des prélèvements). Les maigres gains enregistrés en 2001 et 2002 ont ainsi été réduits de moitié. Avec 2004, on a connu une petite reprise sans création d’emplois. Les statistiques disponibles non définitives montrent hélas une stagnation du pouvoir d’achat salarial.

On prête au gouvernement l’idée de donner un coup de fouet à la politique de participation qui, au lieu de toucher les entreprises de plus de 50 salariés, pourrait concerner toutes celles de plus de 5 salariés. Ce sera une belle impulsion. Le problème étant que les résultats du tissu des PME, masqués par les profits flamboyants du grand groupe du CAC 40, ne sont pas mirobolants.

Alors, cette disposition heureuse pourrait bien ne pas faire le poids face aux attentes. Car, à force de demander du temps aux salariés, il pourrait leur arriver de rétorquer : le temps, c’est de l’argent.

 

 

 

 

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Publié dans Mars 2005

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