La colère sociale
Je vous mets en ligne un éditorial qui ma bien plu et que jai trouvé dans « LUnion de Reims » (célèbre journal champenois connu pour oui bon ok pardon).
Enfin, çest pas de moi mais ça ma bien plu donc je le mets en ligne, cest tout J !!!
La colère sociale
Face à des salariés mal dans leur peau, le désarroi de l'Etat est absolu parce qu'il est impuissant devant le flux de revendications qui l'accable. On comprend son degré d'angoisse parce qu'un profond malentendu l'oppose aux citoyens qui attendent de lui ce qu'il ne peut plus leur accorder. Les finances publiques sont en piteux état et le niveau de la dette préoccupant. La part de l'Etat employeur dans la sphère économique a diminué. Bien sûr, la France dispose de la fonction publique la plus dense d'Europe mais globalement la mondialisation et les privatisations ont changé la donne. C'est une réalité, l'Etat n'est plus en mesure d'imposer une politique pour l'industrie automobile, la sidérurgie ou l'aéronautique. Il n'est plus le donneur d'ordres des assurances et des banques. Il n'a plus de poids sur les négociations salariales par branche. Aussi lorsque la rue s'apprête à exiger un Grenelle des salaires, l'Etat tremble et le gouvernement sait qu'on ne peut plus répéter la sortie de crise de 1968. Il faut imaginer autre chose et jusqu'ici, il est en panne d'idées. Les Français n'ont pas vu que le moins d'Etat a des conséquences directes sur la gestion de leur pouvoir d'achat dont il n'est plus un partenaire privilégié. L'exception française est d'autant plus fragilisée que notre passé comme nos ambitions sociales sont très loin de faire l'unanimité dans l'Union européenne. Dans un contexte qui reste incertain avec un prix de l'énergie d'une instabilité paralysante et une concurrence industrielle meurtrière, gouverner au plus juste est redoutable. Il n'y a pratiquement aucune lisibilité sur l'avenir et en même temps l'attente populaire est forte. A force de vendre du rêve et de l'argent facile avec la télé réalité, on s'imagine qu'un coup de baguette magique peut renvoyer au temps des Trente Glorieuses et d'une plus grande richesse distribuée. On en est loin mais les salariés qui voient l'épaisseur des bénéfices de beaucoup d'entreprises ne veulent plus être les oubliés du partage.
Hervé Chabaud, LUnion de Reims, jeudi 10 mars 2005